25 octobre 2017

Hamman Balkania (Vladimir Bajac)



Vladimir Bajac, Hamman Balkania, Éditions Galaade.2016.352 pages

L’histoire de deux enfants, un Serbe et un Grec, enlevés par les soldats de l’Empire Ottoman et élevés dans la foi musulmane pour devenir de grands serviteurs de cette empire. On a tous entendu parler de cette histoire d’enlèvement d’enfants, non pas pour en faire des esclaves, mais bien des défenseurs de cet empire sous le nom de « janissaires ».

L’auteur nous raconte, « de l’intérieur », la vie de deux personnages qui ont assumé leur nouvelle foi et leur tout aussi nouvelle loyauté tout en étant profondément convaincus de ne pas « vraiment » trahir les anciennes.

« C’était comme s’il réfléchissait en Ottoman et rêvait en Serbe. »

L’auteur distribue entre les chapitres consacrés à ses personnages, ses propres réflexions sur la dualité – faudrait-il parler d’ambivalence ou d’ambiguïté ? – culturelle. Peut-on servir ses origines en utilisant les instruments de ses nouveaux maîtres… sans trahir ces derniers ?

D’autant plus que ces instruments et leurs pratiques ne font pas toujours appel aux plus nobles des sentiments.

« Ils se réjouirent trop tôt du spectacle d’un blessé en lequel leur désir croyait voir un cadavre. »

« La parole donnée pouvait engager, mais ne devait pas forcément être tenue. »


À lire pour entrer dans ce monde  qui ne fait, habituellement, que frôler celui de nos lectures occidentales. Mais on y trouve deux démarches bien identifiées dans des chapitres d’alternance: d'un côté l'histoire des personnages et de l'autre, les réflexions de l'auteur à partir de cette histoire. On peut être tenté, en cours de lecture, de jouer à « saute-mouton » pour ne suivre que l’une des démarches. Mais cela irait à l’encontre des volontés de l’auteur !