Vladimir
Bajac, Hamman Balkania, Éditions
Galaade.2016.352 pages
L’histoire
de deux enfants, un Serbe et un Grec, enlevés par les soldats de l’Empire
Ottoman et élevés dans la foi musulmane pour devenir de grands serviteurs de
cette empire. On a tous entendu parler de cette histoire d’enlèvement
d’enfants, non pas pour en faire des esclaves, mais bien des défenseurs de cet
empire sous le nom de « janissaires ».
L’auteur
nous raconte, « de l’intérieur », la vie de deux personnages qui ont
assumé leur nouvelle foi et leur tout aussi nouvelle loyauté tout en étant
profondément convaincus de ne pas « vraiment » trahir les anciennes.
« C’était
comme s’il réfléchissait en Ottoman et rêvait en Serbe. »
L’auteur
distribue entre les chapitres consacrés à ses personnages, ses propres
réflexions sur la dualité – faudrait-il parler d’ambivalence ou d’ambiguïté ? –
culturelle. Peut-on servir ses origines en utilisant les instruments de ses
nouveaux maîtres… sans trahir ces derniers ?
D’autant
plus que ces instruments et leurs pratiques ne font pas toujours appel aux plus
nobles des sentiments.
« Ils
se réjouirent trop tôt du spectacle d’un blessé en lequel leur désir croyait
voir un cadavre. »
…
« La
parole donnée pouvait engager, mais ne devait pas forcément être tenue. »
…
À
lire pour entrer dans ce monde qui ne
fait, habituellement, que frôler celui de nos lectures occidentales. Mais on y
trouve deux démarches bien identifiées dans des chapitres d’alternance: d'un côté l'histoire des personnages et de l'autre, les réflexions de l'auteur à partir de cette histoire. On peut
être tenté, en cours de lecture, de jouer à « saute-mouton » pour ne
suivre que l’une des démarches. Mais cela irait à l’encontre des volontés de
l’auteur !
