Jean-Michel Riou, 1658 L'Eclipse du Roi-Soleil. Flammarion, 2010.337 pages
L'auteur nous revient avec un autre chapitre des pseudo-mémoires d'Antoine Petitbois, "espion de la couronne".
Le premier tome portant sur une aventure se déroulant durant le règne de Louis XIII ... et de Richelieu, m'avait plu. Je me suis donc à nouveau livré à l'imagination de l'auteur qui sait, fort habilement, conjuguer les faits historiques et une certaine couleur langagière de l'époque avec une fiction "plausible". Ne met-il pas en exergue cette phrase qui permet de goûter aux délices de croire découvrir ce qui se passe derrière le décor de nos livres d'histoire : "si non è vero, è bene trovato".
Cette fois, il s'agit d'un empoisonnement du jeune Louis XIV et des démêlés du personnage qui n'a plus avec Mazarin les mêmes relations de confiance qu'il avait avec Richelieu.
J'avais assez d'éléments pour le surprendre, lui prouver que le Petit bois dont il négligeait le talent et parlait au passé avait été enterré un peu vite. Mais j'étais vieux, en effet. Je l'avais oublié.
On y trouve aussi de terribles descriptions des suites des batailles dont l'Histoire a retenu les noms tout en oubliant son les centaines... sinon les milliers de victimes.
Puis il y avait les blessés rapatriés ici et que l'on entassait au milieu de la fange, de la chaleur éprouvante de l'été 58. Eux gémissaient, perdus, noyés dans un maelström de sang et de chair dont la puanteur macabre se combinait à la chaleur épaisse du 5 juillet. Ceux-là déliraient, hurlaient leurs souffrances sans que pas un des vivants n'y portât attention.
Je ne révélerai pas grand secret en précisant que le roi sera sauvé. Mais ce n'est pas en cela que le roman nous a intéressés. Le souffle narratif se trouve plutôt dans les rebondissements dont l'auteur parsème la route de son héros. Son sort nous intéresse plus que celui du roi (le fait que nous sachions que ce dernier survivra à cet "incident" de sa jeunesse nous libère sûrement de ce crime de lèse-majesté !)
