01 décembre 2019

De quoi sont-ils morts ? Louis III et son frère (Didier Laurens)




(Alors que je me balade dans plusieurs romans se déroulant durant la deuxième moitié du premier millénaire, je retrouve ces quelques lignes que j'avais mises de côté pour référence ultérieure. Elles nous offrent une vue-éclair de cet univers... pour le moins fragile :-)

Didier LaurensDe quoi sont-ils morts ?... Louis III

Planet.fr. Vendredi 29 Novembre 2013 à 16h57

Longtemps attribué à l’épuisement dû à la guerre, la fin tragique de ce roi éphémère fut causée par la vue d’un jupon. 
Nous sommes au mois d’août 884. Du haut de ses 18 ans et d’une jeunesse passée à guerroyer contre Hugues le bâtard et les normands, le sang de Louis III se met à bouillir lorsqu’il aperçoit la fille d'un certain Germond à qui il veut compter fleurette.
Le Roi est à cheval. La jeune fille refuse de céder à ses avances et part en courant pour se réfugier à l’intérieur de la maison de son père. Echaudé, Louis III se lance à sa poursuite à cheval. Il est encore en selle lorsqu’il rattrape la jeune fille qui s’engage sous une porte…
Destin tragique aussi pour le frère du roi
La suite de la scène évoque un dessin animé : le roi s’encastre contre le linteau d'une porte trop basse, se fracasse le crâne, puis tombe de cheval en s’esquintant les reins. Il meurt quelques heures plus tard. La légende veut que la famille Germond ait adopté le cheval régicide et se soit mis à le choyer car il avait permis de sauver l’honneur de la jeune-fille. Sitôt enterré, Carloman, le frère du roi, le remplace.
Lui aussi, connaitra une fin inattendue et tragique, à peu près au même âge que Louis III, environ 19 ans. Carloman est en train de traquer un sanglier à la chasse lorsque la bête se retourne. Son cheval fait un écart et le jeune monarque reçoit un coup de pique dans la jambe. La blessure s’infecte et elle le tuera aussi très vite.


26 octobre 2019

La goûteuse d'Hitler (Rosella Posterino)

Rosella Posterino. La goûteuse d'Hitler. Albin Michel 2018 383 pages  BANQ P857g

L'univers quotidien des nazis hitlériens suscite encore  de curiosité. Celle-ci se retrouve, certes, chez une minorité d'illuminés qui rêvent d'un retour à un règne  de cuir autoritaire ne les obligeant plus à penser pour agir. Mais elle concerne aussi tous ceux qui se demandent comment des millions  de citoyens allemands ont pu laisser une bande de ratés, dont la plupart étaient  des minables, couvrir leur incompétence de la cotte de maille étatique.  La plongée dans le quotidien de citoyens voyant se développer un règne  de terreur, lancer une guerre suicidaire et subir une défaite  meurtrière ont fait le succès de plusieurs romanciers dont Philip Kerr est peut-être le plus prolifique et le plus sensible aux nuances de ce qui aurait pu être une résistance passive .

Rossella Posterino emprunte le vécu de Margot Wolk pour reconstruire la vie quotidienne de six femmes  choisies dans un village proche du dernier repaire d'Hitler pour goûter chacun des plats dont le Fuhrer devait se nourrir. Le principal personnage a quitté  Berlin pour venir s'installer dans la maison de ferme de ses beaux-parents. Elle n'a pas d'état d'âme par rapport à la situation politique. Elle réagit aux événements,  comme la tentative d'assassinat d'Hitler, dans la  mesure oů ceux-ci peuvent modifier son emploi du temps.
Ce qui est le plus important, pour elle, c'est l'avortement d'une de ses camarades de « travail », le triste séjour  de son mari en permission, l’annonce de la disparition de  ce dernier sur le front russe…

Il m'avait prise dans mon sommeil, sans un mot. Je m’étais réveillée avec son corps sur moi, sa fureur encore somnolente, je ne l'avais ni contré ni secondé.

Ses nuits avec l'un des officiers chargés de garder les goûteuses ne provoquent aucune réflexion autre que l'inquiétude de subir l'envie ou la critique de ses camarades. En fait, l'ouvrage porte sur l’évolution des rapports entre les filles… dans un contexte particulier. Comme quoi, même  dans un pays en guerre, les humains restent…. humains.

Des groupes s’étaient formés spontanément Certes pas dans l'espoir d'y trouver de l'affection. SIMPLEMENT, des fractures et des rapprochements avaient eu lieu, aussi inexorables que la dérive des continents.

Intéressant pour vivre quelques mois avec ces femmes. Mais pas pour en connaître plus sur  ce qui les a fait agir.. et survivre.

Aurait pu être un peu plus court.