«Le fait que le chef d'un de nos deux partis [...] n'ait pas eu honte de révéler son propre égoïsme devant la souffrance des autres, qu'il n'ait pas eu la moindre vergogne à révéler la joviale jouissance que lui inspire l'exercice de la cruauté [...] tout cela a aidé les gens à avoir l'impression qu'il ne leur était plus nécessaire d'avoir honte d'être comme ça eux aussi. Ils n'étaient pas obligés d'être mal à l'aise sous prétexte qu'ils se fichaient du sort des autres. [...] Dans un monde où les riches veulent l'autorisation de prendre tout ce qui leur est possible, de prendre sans ressentir la moindre honte, et où beaucoup des non-riches sont tellement inquiets à l'idée de tout perdre qu'ils ont du mal à s'inquiéter des misères des autres, Trump est le prêtre qui accorde l'absolution. Dans un sens, il semble dire à ses partisans que la compassion n'est peut-être qu'une nouvelle valeur de l'élite culturelle que lui et eux détestent tant, comme le fait de débiter de longues phrases et d'écouter de la musique classique.»