06 juillet 2020
19 décembre 2019
01 décembre 2019
De quoi sont-ils morts ? Louis III et son frère (Didier Laurens)
(Alors que je me balade dans plusieurs romans se déroulant durant la deuxième moitié du premier millénaire, je retrouve ces quelques lignes que j'avais mises de côté pour référence ultérieure. Elles nous offrent une vue-éclair de cet univers... pour le moins fragile :-)
Didier Laurens. De quoi sont-ils morts ?... Louis III
Planet.fr. Vendredi 29 Novembre 2013 à 16h57
Longtemps attribué à l’épuisement dû à la guerre, la fin tragique de ce
roi éphémère fut causée par la vue d’un jupon.
Nous sommes au mois
d’août 884. Du haut de ses 18 ans et d’une jeunesse passée à guerroyer contre
Hugues le bâtard et les normands, le sang de Louis III se met à bouillir
lorsqu’il aperçoit la fille d'un certain Germond à qui il veut compter
fleurette.
Le Roi est à
cheval. La jeune fille refuse de céder à ses avances et part en courant pour se
réfugier à l’intérieur de la maison de son père. Echaudé, Louis III se lance à
sa poursuite à cheval. Il est encore en selle lorsqu’il rattrape la jeune
fille qui s’engage sous une porte…
Destin tragique aussi pour le frère du roi
La suite de la scène évoque un dessin animé : le roi s’encastre contre le linteau d'une porte trop basse, se fracasse le crâne, puis tombe de cheval en s’esquintant les reins. Il meurt quelques heures plus tard. La légende veut que la famille Germond ait adopté le cheval régicide et se soit mis à le choyer car il avait permis de sauver l’honneur de la jeune-fille. Sitôt enterré, Carloman, le frère du roi, le remplace.
La suite de la scène évoque un dessin animé : le roi s’encastre contre le linteau d'une porte trop basse, se fracasse le crâne, puis tombe de cheval en s’esquintant les reins. Il meurt quelques heures plus tard. La légende veut que la famille Germond ait adopté le cheval régicide et se soit mis à le choyer car il avait permis de sauver l’honneur de la jeune-fille. Sitôt enterré, Carloman, le frère du roi, le remplace.
Lui aussi,
connaitra une fin inattendue et tragique, à peu près au même âge que Louis III,
environ 19 ans. Carloman est en train de traquer un sanglier à la chasse
lorsque la bête se retourne. Son cheval fait un écart et le jeune monarque
reçoit un coup de pique dans la jambe. La blessure s’infecte et elle le
tuera aussi très vite.
26 octobre 2019
La goûteuse d'Hitler (Rosella Posterino)
Rosella Posterino. La goûteuse d'Hitler. Albin Michel 2018 383 pages BANQ P857g
L'univers quotidien des nazis hitlériens suscite encore de curiosité. Celle-ci se retrouve, certes, chez une minorité d'illuminés qui rêvent d'un retour à un règne de cuir autoritaire ne les obligeant plus à penser pour agir. Mais elle concerne aussi tous ceux qui se demandent comment des millions de citoyens allemands ont pu laisser une bande de ratés, dont la plupart étaient des minables, couvrir leur incompétence de la cotte de maille étatique. La plongée dans le quotidien de citoyens voyant se développer un règne de terreur, lancer une guerre suicidaire et subir une défaite meurtrière ont fait le succès de plusieurs romanciers dont Philip Kerr est peut-être le plus prolifique et le plus sensible aux nuances de ce qui aurait pu être une résistance passive .
Rossella Posterino emprunte le vécu de Margot Wolk pour reconstruire la vie quotidienne de six femmes choisies dans un village proche du dernier repaire d'Hitler pour goûter chacun des plats dont le Fuhrer devait se nourrir. Le principal personnage a quitté Berlin pour venir s'installer dans la maison de ferme de ses beaux-parents. Elle n'a pas d'état d'âme par rapport à la situation politique. Elle réagit aux événements, comme la tentative d'assassinat d'Hitler, dans la mesure oů ceux-ci peuvent modifier son emploi du temps.
Ce qui est le plus important, pour elle, c'est l'avortement d'une de ses camarades de « travail », le triste séjour de son mari en permission, l’annonce de la disparition de ce dernier sur le front russe…
Il m'avait prise dans mon sommeil, sans un mot. Je m’étais réveillée avec son corps sur moi, sa fureur encore somnolente, je ne l'avais ni contré ni secondé.
Ses nuits avec l'un des officiers chargés de garder les goûteuses ne provoquent aucune réflexion autre que l'inquiétude de subir l'envie ou la critique de ses camarades. En fait, l'ouvrage porte sur l’évolution des rapports entre les filles… dans un contexte particulier. Comme quoi, même dans un pays en guerre, les humains restent…. humains.
Des groupes s’étaient formés spontanément Certes pas dans l'espoir d'y trouver de l'affection. SIMPLEMENT, des fractures et des rapprochements avaient eu lieu, aussi inexorables que la dérive des continents.
Intéressant pour vivre quelques mois avec ces femmes. Mais pas pour en connaître plus sur ce qui les a fait agir.. et survivre.
Aurait pu être un peu plus court.
L'univers quotidien des nazis hitlériens suscite encore de curiosité. Celle-ci se retrouve, certes, chez une minorité d'illuminés qui rêvent d'un retour à un règne de cuir autoritaire ne les obligeant plus à penser pour agir. Mais elle concerne aussi tous ceux qui se demandent comment des millions de citoyens allemands ont pu laisser une bande de ratés, dont la plupart étaient des minables, couvrir leur incompétence de la cotte de maille étatique. La plongée dans le quotidien de citoyens voyant se développer un règne de terreur, lancer une guerre suicidaire et subir une défaite meurtrière ont fait le succès de plusieurs romanciers dont Philip Kerr est peut-être le plus prolifique et le plus sensible aux nuances de ce qui aurait pu être une résistance passive .
Rossella Posterino emprunte le vécu de Margot Wolk pour reconstruire la vie quotidienne de six femmes choisies dans un village proche du dernier repaire d'Hitler pour goûter chacun des plats dont le Fuhrer devait se nourrir. Le principal personnage a quitté Berlin pour venir s'installer dans la maison de ferme de ses beaux-parents. Elle n'a pas d'état d'âme par rapport à la situation politique. Elle réagit aux événements, comme la tentative d'assassinat d'Hitler, dans la mesure oů ceux-ci peuvent modifier son emploi du temps.
Ce qui est le plus important, pour elle, c'est l'avortement d'une de ses camarades de « travail », le triste séjour de son mari en permission, l’annonce de la disparition de ce dernier sur le front russe…
Il m'avait prise dans mon sommeil, sans un mot. Je m’étais réveillée avec son corps sur moi, sa fureur encore somnolente, je ne l'avais ni contré ni secondé.
Ses nuits avec l'un des officiers chargés de garder les goûteuses ne provoquent aucune réflexion autre que l'inquiétude de subir l'envie ou la critique de ses camarades. En fait, l'ouvrage porte sur l’évolution des rapports entre les filles… dans un contexte particulier. Comme quoi, même dans un pays en guerre, les humains restent…. humains.
Des groupes s’étaient formés spontanément Certes pas dans l'espoir d'y trouver de l'affection. SIMPLEMENT, des fractures et des rapprochements avaient eu lieu, aussi inexorables que la dérive des continents.
Intéressant pour vivre quelques mois avec ces femmes. Mais pas pour en connaître plus sur ce qui les a fait agir.. et survivre.
Aurait pu être un peu plus court.
21 mai 2019
La conspiration des médiocres (Ernesto Mallo)
Ernesto Mallo, La conspiration des médiocres, Édit fr. Payot et
Rivage, 2018 (BANQ M2551c)
L’auteur est un
autodidacte qui est passé du théâtre au journalisme. Il a connu … et vécu… les
dictatures argentines. Sous celle de Videla, il s’est même joint à la gauche révolutionnaire
des Monteneros.
Il reprend son héros, Perro (le
Chien) Lascano, un jeune flic intègre, qui enquête sur le suicide suspect d'un
Allemand. Il comprend très vite qu'il s'agit d'un meurtre et décide de creuser
l'affaire, ce qui gêne ses supérieurs, tous plus corrompus les uns que les
autres. Les choses se corsent quand on retrouve dans le bureau de l'Allemand un
carnet rédigé par un homme qui a été gardien à Auschwitz. Philip Kerr nous a
déjà parlé, avec beaucoup de talent… et d’énergie…, de ce monde argentin d’après
guerre où les dictateurs qui se succèdent peuvent compter sur la complicité, et
l’expertise, de ces réseaux d’anciens nazis qui ont trouvé refuge en ce pays.
On patauge dans le même bourbier de policiers corrompus qui torturent et font
disparaître toute personne qui risque de dévoiler leur vraie nature ou de nuire
à leurs petits commerces.
Je
regrette. Mais la technique narrative de Kerr dans de telles situations ne
saurait souffrir de comparaison. Certes Mallo arrive à nous faire saisir la
médiocrité de ses personnages, autre que les quelques alliés de son héros. Mais
ces derniers débarquent dans l’histoire sans qu’on ne sache vraiment pourquoi
ils y arrivent dans cet état de complicité. (Il faudrait peut-être avoir lu les
aventures précédentes.)
Il n’y
a pas vraiment de suspense. Mais cela se lit agréablement, sachant qu’il n’y a
que 200 pages très ouvertes à traverser. Il est, néanmoins, étrange de lire ces
blocs de dialogue dont les répliques se suivent sans point (.) ni tiret (-)
pour indiquer que le changement de ligne implique un changement d’interlocuteur
et non la suite d’une intervention. On
finit par s’y faire. Mais c’est un peu surprenant…
QUELQUES
CITATIONS :
-La ville
est un monstre, une ruche, une fourmilière grouillante de vies insignifiantes,
de petites gens avec leurs boulots banals, leurs impatiences, leurs angoisses,
leurs désirs, leurs petites perversions et leur notion du bien et du mal qui
joue les funambules.
…
-Le
mensonge suit une progression géométrique car il en implique un autre pour étayer
le premier, ce qui en entraîne un autre, et ainsi de suite. (p.36)
.
-Tu as
passé ta vie à répéter que tu voulais pas finir comme une merde, que tu
préférerais crever avant. T’es une merde depuis un moment, alors pourquoi tu
claques pas ?
MAIS IL Y A UNE PAGE REMARQUABLE… et mémorable :
L’un des personnages veut faire comprendre pourquoi des millions d’Allemands
ont suivi Hitler. Cette explication, écrite il y a plus de 10 ans, pourrait
expliquer, du moins en partie, la montée des populismes et des intégrismes…
-Elle se dit que ces gens n’ont rien à voir avec tous ces sadiques
raffinés que l’on croise dans les films. Ces êtres d’une cruauté sophistiquée
et méticuleuse. Ceux-ci sont des personnes médiocres, sans éclat, sans aucun
talent, soumis, et qu’on n’a eu aucun mal à convaincre. Ils étaient les
crève-la-dalle de l’après 14-18, ceux-là même qui se nourrissaient dans les
poubelles, et dont la privation de nourriture leur avait ôté toute morale. Ces
hommes qui en étaient arrivés à considérer d’autres être humains comme un
aliment envisageable. Et, une fois qu’ils ont été plongés au plus profond de
leur misère, est apparu un dément venu leur annoncer qu’ils étaient la race
supérieure. Et ils l’ont cru. Et il a montré du doigt les responsables de tous
leurs maux. Et ils l’ont cru. Et on leur a donné des uniformes clinquants, et
des grosses bottes, des ceinturons austères et des symboles qui faisaient froid
dans le dos, pour que tous les craignent. Et ils les ont portés. Et on leur a
donné des défilés, des étendards et des drapeaux. Et on a mis dans leurs mains
des triques, des pistolets, des fusils et des mitrailleuses. Et on leur a
demandé d’être rapides, efficaces et cruels. Et ils l’ont été.
22 décembre 2018
Qui a tué Toutankhamon ? (James Patterson et Martin Dugard)
James Patterson et Martin Dugard,
Qui a tué Toutankhamon ?, L'Archipel 2011. 279 pages
Le même sujet que "L'Affaire Touthankhamon" de Christian
Jacq (voir une lecture précédente) . Ce dernier partait de la découverte du
tombeau pour remonter à l’histoire du jeune pharaon. Ici on part de son
histoire pour arriver à la découverte. Mais cette histoire est largement
inspirée par… l’imagination des auteurs. En fait, on ne sait pas grand-chose de
ce successeur du malheureux Akhenaton qui avait voulu réformer la religion
égyptienne.
Il semblait s’être littéralement perdu dans les méandres de l’histoire,
ou en avait été banni.
On y trouve quelques originalités
comme des descriptions de la vie sociale en Egypte pharaonique. Encore là, il
me semble y avoir quelques généralisations un peu rapides.
L’Egypte avait toujours traité les femmes avec plus d’égards que
les autres civilisations antiques… Elles possédaient le droit de faire des
affaires, d’être propriétaires, de s’exprimer lors des litiges ou de suivre des
études et de devenir médecin.
Certaines phrases combinent des oppositions
de façon … amusante.
Ceux-ci se mirent aussitôt à l’œuvre, dans la mesure de ce que
leur conception plutôt décontractée du travail permettait.
...
J’ai une capacité, à moins que ce ne soit une malédiction, à
travailler à plusieurs choses à la fois.
D’autres phrases (est-ce la
traduction ?) font sourire.
Général Horemheb, ordonnez aux archers d’ouvrir le feu. »
(Des flèches enflammées ?)
En somme, rien de nouveau. Finalement,
je préfère l’ouvrage de Christian Jacq, même si ce dernier a parfois tendance à
se répéter d’un ouvrage à un autre.
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