29 octobre 2018

Adolph Hitler une biographie vol.2 (Ullrich Volker)


Ullrich Volker, Adolph Hitler une biographie, (trad. fr.) Nrf essais, Gallimard, 2016. 1196 pages



Malgré  tous les livres lus sur le sujet, je n’arrive pas encore complètement  à comprendre comment le peuple allemand a pu se laisser dominer par les « punks » du national-socialisme.

J'ai donc été  attiré par un livre mis en valeur sur un présentoir de la Grande Bibliothèque. Une quantité de pages impressionnante sur la période de « l'ascension » avec des titres de chapitres comme « Culte du Fuhrer », « Style de pouvoir et architecture monumentale », « En lutte  contre les églises »… En fait, il s’agissait du deuxième volume de cet « immense » ouvrage.

Pour avoir une idée de la « profondeur » de la recherche de l'auteur, il suffit de constater que la moitié des 600 quelques pages de ce deuxième volume est consacrée à des références de documents ( journaux personnels, lettres), articles et livres.. pour les deux volumes. Car l'auteur va dans les détails de chaque décision, de chaque action… et même de  chaque repas. Cela aurait pu s'appeler « tout ce que vous avez jamais voulu savoir sur Hitler » et sur « ses petits copain nazis ». C'est à la fois fascinant et … ennuyant. On y apprend les étranges  relations entre le dictateur et….ses collaborateurs les plus proches, comme Goebbels, Speer…; la place (plus que « discrète » ) des femmes et celle (beaucoup moins « discrètes) des mises en scène dans la création d'un mythe de « dieu solitaire ».

Au sujet de l’architecte Speer (qui s’en est, d’ailleurs, pas mal tiré après la défaite)  : « En tout cas, cela lui valut plus de sympathies que Hitler n’en accorda à aucun membre de sa cour, Goebbels excepté. On a certes toujours supputé sur l’existence, dans cette affection, d’un « élément érotique », mais on n’en a aucun témoignage garanti, comme pour la quasi-totalité des propos concernant la vie sentimentale de Hitler. »

On analyse ce qu'on appellerait aujourd'hui "sa méthode de gouvernance", somme toute assez décentralisée... pour un dictateur.

Un système  de juxtaposition non régulée  de l'absolutisme du Führer et d'une pluralité de centres de pouvoirs rivaux. 
...
Il lui arrivait d'agir sous le coup d'une impulsion, et c'est à ses collaborateurs que revenait la mission ingrate de traduire en instructions pratiques les remarques jetées à la hâte et de les transmettre aux instances compétentes. Avec cette forme de gouvernement oral, les quiproquos et les erreurs d'interprétation étaient inévitables. 
...
Le devoir de  chacun était donc de tenter de travailler en direction du Führer, et dans son esprit "… entrainant radicalisation des actions par compétition pour l'approbation du chef ..

On y retrouve les étapes de l'évolution de sa politique d'abord d'exclusion, puis d'élimination des Juifs . On y apprend que les grandes opérations d'humiliations publiques ont pris naissance en Autriche au lendemain de l’annexion de ce pays au Reich. (L’opposition de la « célèbre » famille Trapp n’aurait peut-être pas été aussi répandue qu’on aurait voulu le faire croire… après la défaite de l’Allemagne…)

Les dernières  lignes de ce deuxième tome résument bien  la stratégie employée :

La popularité  de Hitler reposait notamment sur cet aura qui semblait lui permettre de préserver la paix dans toutes les manœuvres risquées qu'il entreprenait. Au début septembre 1939, lorsqu'il déclencha la guerre mondiale et que celle-ci, après les premières « victoires éclair », se dirigea visiblement, à partir de l'hiver 1941-1942, vers une catastrophe militaire, le mythe du Führer fut lui aussi exposé à un phénomène de désagrégation d'abord lent, mais ensuite de plus en plus rapide. 

Pour en avoir une idée plus au raz du sol, il faut lire les romans de Philip Kerr.

26 août 2018

Le moine aux yeux verts (Oyungerel Tsedevdamba et Jeffrey L. Falt)


Oyungerel Tsedevdamba  et Jeffrey L. Falt, Le moine aux yeux verts. Grasset 2017. 571 pages

Nous sommes en Mongolie à la veille de la Seconde Guerre mondiale. Le pays a choisi la férule des Bolcheviks pour se débarrasser des Mandchous, des seigneurs de la guerre chinois, des Russes blancs et des agresseurs japonais.  La situation est tendue entre le pouvoir et les religieux. Sous la direction de leurs nouveaux maîtres russes, les révolutionnaires locaux arrêtent et massacrent les moines, pillent et brûlent les monastères On ne découvrira l'ampleur des exactions commises pendant ces années noires en Mongolie que des décennies plus tard.

C'est dans ce cadre politique que les deux auteurs nous racontent l'histoire de trois frères dont la vie va être, de façons différentes, perturbée par la volonté des nouveaux dirigeants de faire disparaitre toute trace de ces descendants de Genghis Khan. 

Oublie le fondateur du premier empire mongol. Détruis le passé et tu maîtriseras l'avenir.
.
Les deux auteurs qui vivent en Mongolie en profitent pour faire notre éducation sur les coutumes et l'héritage religieux de ce peuple. Ils nous rappellent que le « grand et divin » Genghis Khan avait dit : « Suivez-moi dans cette vie et dorez le dieu que vous voulez. » 

En fait le bouddhisme en Mongolie n'a été  adopté comme religion d'état  qu'au 17ème  siècle, choisissant systématiquement des lieux saints chamaniques pour construire leurs monastères (les nouvelles religions ne pouvant s'empêcher, à toutes les époques,  de kidnapper les lieux saints des précédentes…) Ce sont les lamas, porteurs de ce syncrétisme chamono-bouddhiste, que les communistes veulent faire disparaître. Et ce sont de jeunes lamas que les auteurs nous amènent à suivre dans les dédales de leur fuite et de leur résistance.

L'objectif des auteurs est de faire connaître cet autre massacre systémique dont l'humanité semble incapable d’éloigner la répétition à chacun de ses cycles historiques. Mais cela ne les empêche  pas de nous plonger dans la vie quotidienne des personnages  avec beaucoup d'empathie … et même de sensualité. 

ses lèvres légèrement entrouvertes promettaient le nectar et le bonheur suprêmes…
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sa forte odeur d'homme chatouillait ses sens…
...
l’endroit où  Baasan, si rude et sauvage, avait  laissé sa sève,  était  à  cet instant un peu douleureux – elle n'était  plus une jeune fille, mais une femme, aimée d'un homme.

Un ouvrage un peu long et répétitif. Mais il a le grand mérite de nous faire découvrir un pan d'une histoire dont nous n'avons entendu que des échos fort lointains… et probablement fort brouillés par d'autres turbulences plus médiatisées. 

13 mars 2018

Sous la Terreur (François-Xavier Gauroy et Ambroise Liard)

François-Xavier Gauroy et Ambroise Liard, Sous la terreur, Timée-Eitions, 2008. 337 p.

On suit les pérégrinations d'une femme, et des hommes qui veulent la condamner ou la sauver,  à travers les différentes étapes de la mise en place de la Terreur, d'abord par un Danton ("Soyons terribles pour éviter au peuple de l'être") qui pourrait paraître modéré par rapport à ses "compères" comme Marat et Robespierre ("Une république se regénère sur un monceau de cadavres et doit éradiquer tout ce qui lui est opposé.") dont le "seul but dans la vie" semble être d'envoyer le plus de concitoyens possible au couteau de la guillotine. 

On y ajouter le mystère d'un message inscrit dans un éventail de Marie-Antoinette et qui mènerait à un secret  que tous les acteurs voudraient découvrir. (Mais, en fait, ce secret, une fois connu, ne m'a pas paru d'un grand intérêt ..et ne saurait justifier celui du roman. Car le sujet le plus intéressant n'est pas ce secret, mais la réalité quotidienne d'une Révolution soumise à la terreur programmée par des idéologues psychopathes.)

En suivant la narration des horreurs commises au nom de la "liberté", on se demande comment les p'tits cousins français osent encore célébrer ces événements.

Au même moment, alors que le ciel d'août noircissait lentement, le corps décapité de la favorite fut traînée (princesse de Lamballe) fut traîné, au bout de cordes, sous les fenêtres du Temple afin que Marie-Antoinette La tête de la Princesse était fichée au bout d'une pique. Certains taillaient un mnorceau de chair dans le corps, au hasard d'une inspiration dictée par une haine nouvelle.
...

L'exécution (de Louis XVI) tournait à la fête. Les gardes nationaux avaient laissé la foule les déborder. Des Marseillais, hilares, se bousculaient pour tremper leurs mouchoirs dans le sang répandu.
...

(la charrette des condamnés) Des révolutionnaires de la première heure, des conventionnels sincères, tanguaient à leur tour au rythme des roues de bois vers un destin sanglant et impitoyable.


Il est vrai que ceux qui, en ce moment, se font un devoir de corriger l'Histoire selon les besoins de leurs idéologies actuelles, sont probablement tentés, du moins dans leurs paroles, par une reprise de cette Terreur.

On retrouve, dans cette histoire, un climat social et politique qui ressemble à celui de la justice médiatique actuelle. Comme le déclarait le comédien Guillaume Lemay-Thivierge à qui on demandait de s'exprimer sur les allégations d'inconduites sexuelles concernant un réalisateur avec lequel il a travaillé: "T'es coupables ou jugé le matin, puis on te pend le soir."

Ainsi  en cet aboutissement de la Terreur : 
Les ultimes formalités avaient été supprimées: plus d'interrogatoires, plus de défense, plus de preuve, un simple témoignage et un unique critère: la conscience vertueuse des jurés éclairés par l'amour de la patrie.
...
Maintenant, il (Danton)  se disait que la Révolution n'était rien d'autre qu'un jeu interminable ou chacun se croit supérieur aux autres, veut les dépasser et lorsqu'il y est enfin parvenu, sa gloire ne sert qu'à hâter sa condamnation et à la précipier vers une mort ignominieuse, sale, réprouvée.

AINSI DE TOUTES LE RÉVOLUTIONS ?


24 février 2018

Anne Boleyn (Evelyn Anthony)





Evelyn Anthony, Anne Boleyn, Early Bird Books. version électronique en anglais

Le véritable nom de l'auteure est Evelyn Ward-Thomas. Elle est connue pour ses romans historiques et ses romans d'espionnage."The Tamarin Seed" a donné lieu à un film avec Julie Andrews et Omar Sharif.

L'histoire d'Henry Tudor m'a toujours laissé perplexe. Était-ce une forme royale de Barbe-Bleue, incluant la mise à mort des femmes qu'il voulait remplacer par la suivante ? Ou un fin stratège politique qui cherchait une femme pouvant lui donner un héritier et assurer la suite de sa dynastie ?
Anne Boleyn fut la deuxième de la série. 

Pour ceux qui , comme moi, ne se sont jamais vraiment intéressés à l'histoire d'Angleterre, voici un bon rattrapage. L'auteur met en scène les personnages que nous avons aperçus au travers de nos lectures sur l'histoire d'autres pays : le cardinal Wolsey, Thomas Cromwell , Norfolk, Suffolk... Et des personnages d'ailleurs : François 1er, Charles-Quint, le pape Clément VII.

On y comprend mieux le cheminement d'une décision qui a marqué les siècles suivants : la prise en main, par le roi, de l'Eglise d'Angleterre ... et des biens de ses monastères (les moines étant plus instruits que le "petit clergé" et moins politique que le "haut clergé" pouvaient s'opposer aux visées du roi). Certes il y avait, pour Henry, la volonté de faire voter par le "haut clergé" la confirmation de  la nullité de son mariage avec Catherine parce qu'elle était la femme de son frère décédé (péché !) et, surtout, parce qu'elle n'arrivait pas à lui donnr un héritier mâle. Et le pape ne pouvait approuver cela, non par principe, mais parce que Catherine était la tante de l'empereur Charles-Quint dont il dépendait, à ce moment-là, pour la sécurité de Rome et la survie de son Eglise. (Elle était la fille du couple qui avait "reconquis" le territoire espagnol !)

L'auteure nous présente des tableaux d'événements concentrés sur l'un ou l'autre de ces personnages en suivant l'évolution de l'histoire. On assiste à des échanges détaillés, évidemment imaginés, mais plausibles. Ces échanges sont parfois un peu "longuais". On a compris et on souhaiterait passer à la scène suivante. On y trouve, quand même, certains plaisirs à traverser quelques paragraphes sur les vêtements et les décors de cette époque. La narration des gestes est parfois surprenante.  Tout est prêt pour en tirer le scénario d'une prochaine télésérie !

En filigrane de notre lecture, on se rappelle que, malgré les espoirs du roi, il sera suivi par la fille (Elizabeth) de cette femme maudite dont il avait attendu un fils ! Et on sait maintenant que la gloire de cette dernière dépassera celle de cet homme qui cherchait à y mordre avec tant d'appétit.


22 janvier 2018

L'Empire barbare : Thorn le prédateur (Gary Jennings)



Gary Jennings, L'Empire barbare: Thorn le prédateur, 1992  (version fr. Editions Telemaque. 2010. 629 pages. (existe aussi en édition Pocket)

Gary Jennings (1928-1999) est un véritable guide de civilisations. Ses romans sur le destin des Aztèques après la conquête espagnole et les premières confrontations entre les deux civilisations l'ont rendu célèbre. Il a consacré d'importantes recherches pour chacun de ses romans, que ce soit pour le Mexique, les voyages de Marco Polo ou, ici, la traversée des territoires que se partagent les derniers lambeaux de l'Empire romain et les différentes tribus barbares dont nos livres d'histoire nous ont, à peine, laissé les noms: Burgondes, Suèves, Alamans, Ortrogoths, Wisigoths.

Nous suivons un jeune orphelin qui a passé ses premières années dans un monastères d'hommes jusqu'à ce qu'on découvre qu'il est un hermaphrodite que ni un monastère d'hommes ni un monastère de femmes ne peuvent accepter en leur sein (non sans qu'un membre de chacun n'en tire un avantage sexuel au passage).

Les frères affirmaient... s'en tenir au dicton de saint Jérôme, lequel stipule que "la propreté de la peau masque la saleté de l'âme."

Il doit donc faire son chemin... et sa vie en cherchant à rejoindre le territoire ostrogoth dont il croit être un congénère.

Il se joint à un vieux chasseur, ancien légionnaire, qui aurait préféré continuer à vivre seul avec quelques passages festifs dans les villes où il s'arrête pour vendre les peaux des bêtes abattus.

Par les vingt-quatre testicules  des douze apôtres ! Je suis Wyrd, le Traqueur des Bois !

 Le grand intérêt de l'écriture de Jennings, c'est l'énergie et le soin qu'il apporte à décrire chacun des gestes du chasseur, les vêtements et les coutumes des différentes peuples rencontrés. Certes, il y a des surprises narratives qui relancent notre intérêt à chacun des chapitres de cet imposant volume. (Il ne s'agit, d'ailleurs, que de la première partie des aventures de Thorn "le prédateur" - d'un caractère plutôt doux et conciliant... pour un prédateur !") Mais on peut surtout tirer plaisir de ses descriptions, avec termes latins de "Vieille langue", de l'ordre social et des habitudes culturelles de cette "fin d'Empire".

Nous suivons les passages de Thorn entre ses rôles d'homme et femme. Quelques jolis passages d'initiation sexuelle pourront surprendre les âmes... sensibles. Mais ils nous permettent de partagr, avec Thorn, les "émotions`de certaines découvertes qui nous font oublier les horreurs d'une époque, somme toute, anarchique. Car la Pax Romana est en pleine déliquescence et la papauté chrétienne n'a pas encore imposé sa chape morale sur des peuples qui ne sont toujours pas vraiment convaincus de remplacer le marteau du dieu nordique par la croix du Christ palestinien.

16 janvier 2018

1658 L'Eclipse du Roi-Soleil (Jean-Michel Riou)



Jean-Michel Riou, 1658 L'Eclipse du Roi-Soleil. Flammarion, 2010.337 pages

L'auteur nous revient avec un autre chapitre des pseudo-mémoires d'Antoine Petitbois, "espion de la couronne".

Le premier tome portant sur une aventure se déroulant durant le règne de Louis XIII ... et de Richelieu, m'avait plu. Je me suis donc à nouveau livré à l'imagination de l'auteur qui sait, fort habilement, conjuguer les faits historiques et une certaine couleur langagière de l'époque avec une fiction "plausible". Ne met-il pas en exergue cette phrase qui permet de goûter aux délices de croire découvrir ce qui se passe derrière le décor de nos livres d'histoire : "si non è vero, è bene trovato".

Cette fois, il s'agit d'un empoisonnement du jeune Louis XIV et des démêlés du personnage qui n'a plus avec Mazarin les mêmes relations de confiance qu'il avait avec Richelieu.

J'avais assez d'éléments pour le surprendre, lui prouver que le Petit bois dont il négligeait le talent et parlait au passé avait été enterré un peu vite. Mais j'étais vieux, en effet. Je l'avais oublié. 

On y trouve aussi de terribles descriptions des suites des batailles dont l'Histoire a retenu les noms tout en oubliant son les centaines... sinon les milliers de victimes.

Puis il y avait les blessés rapatriés ici et que l'on entassait au milieu de la fange, de la chaleur éprouvante de l'été 58. Eux gémissaient, perdus, noyés dans un maelström de sang et de chair dont la puanteur macabre se combinait à la chaleur épaisse du 5 juillet. Ceux-là déliraient, hurlaient leurs souffrances sans que pas un des vivants n'y portât attention. 

Je ne révélerai pas grand secret en précisant que le roi sera sauvé. Mais ce n'est pas en cela que le roman nous a intéressés. Le souffle narratif se trouve plutôt dans les rebondissements dont l'auteur parsème la route de son héros. Son sort nous intéresse plus que celui du roi (le fait que nous sachions que ce dernier survivra à cet "incident" de sa jeunesse nous libère sûrement de ce crime de lèse-majesté !)

05 décembre 2017

Le dernier testament de Ben Zion Avrohom (James Frey)

James Frey, Le dernier testament de Ben Zion Avrohom, Flammarion, 2011. 381 pages.

L'auteur a connu d'importants succès avec ses précédents ouvrages : cela explique sans doute le fait que la traduction française ait été publiée la même année que la sortie de la version originale.

En fait le titre original décrit encore mieux les intentions de l'auteur : "The Final Testament of The Holy Bible".

C'est l'histoire d'un homme qui aurait présenté, dès sa naissance, des signes d'un destin exceptionnel. Il a fui ce destin jusqu'à ce qu'un accident sur un chantier ne révèle sa nature exceptionnelle en lui permettant d'y survivre malgré les  pronostics irrévocables des spécialistes appelés à son chevet.

Les chapitres se suivent en présentant les témoignages des personnes qui sont touchées par la "grâce" du héros qui refuse, pourtant, de se déclarer "dieu"... 

-"..., Aujourd'hui je sais qu'il n'y a pas d'au-delà et personne pour nous envoyer des messages surnaturels. Il n'y a que des coïncidences et notre interprétation de ce que nous voyons autour de nous, et si nous voyons quelque chose c'est un accident, et cela ne signifie rien. Telle est en vérité la parole de Dieu."

 Il est "simplement" venu proclamer le retour de l'amour universel !

L'auteur regroupe les thèmes qui furent à la mode: le "peace and love", l'amour libre, le recyclage des déchets alimentaires, les sectes de la fin des temps... Le tout bien enrobé dans un discours dénonçant les gouvernements et les religions institutionnalisées.

-"Il disait que si tous ceux qui allaient à l'église ou au temple ou à la mosquée passaient tout ce temps perdu à baiser au lieu de prier pour des conneries , le monde serait pas prêt de finir."

Selon l'expression consacrée, tout le monde qui approche le "messie" ...devient "bon et gentil", sauf son frère et la juge qui le condamne finalement à être lobotomisé .

Du fait qu'on change de narrateur à chaque chapitre, le style varie légèrement de l'un à l'autre sans tomber dans des codes réservés aux différentes tribus urbaines. 

On peut poursuivre la lecture en espérant rencontrer un "tournant"narratif imprévu. Mais ce n'est pas le cas. On arrive à la dernière page en constatant qu'on n'aurait rien perdu à s'arrêter en chemin.

Sauf quelques "jolis" aphorismes comme

-"C'est soi-même qu'il faut connaître pour aimer, pas les autres."

-"Les hommes s'accrochent à ce qu'ils comprennent, même si c'est faux."