ANDRE AH!
11 août
Pourquoi ai-je la pénible impression que les manifestations
dans les rues d’Haïti ou du Liban ne changeront rien à des systèmes politiques
qui semblent ancrés dans les gènes des peuples ?
Les manifestations de rue ont-elles déjà changé quelque
chose ? Au 18ième siècle, en France, les manifestations de la dite « Révolution
Française » n’ont fait, en bout de course, que remplacer un roi
insignifiant par un empereur omnipotent. En Égypte, un président sénile par un
général « efficace ». En Lybie…
Quelle solution ? On aura beau changer l’huile d’un moteur,
la voiture ne pourra rouler si le moteur est irrémédiablement fendu. Mais qui
peut changer le moteur d’une nation ? Un changeur charismatique comme Gengis
Khan, De Gaulle ou Atatürk ? Des personnages qui devront voir, demain, leur
statue déboulonnée par des générations qui jugeront à partir de critères qui
étaient totalement absents de leur vivant ?
Un gouvernement de technocrates revenant de l’étranger pour
sauver leur pays ? Parlez-en aux Bulgares qui ont vu un ancien roi revenir avec
une floppée de technocrates formés à l’étranger et prendre le poste de premier
ministre. Cela n’a pas pris beaucoup de temps avant que ce gouvernement ne
prenne les couleurs de la petite corruption, puis de la grande impuissance !
Deux ou trois personnages politiques de partis différents
formant une coalition réformatrice… comme, au Canada, Lafontaine et Baldwin (après
les événements de 1837) ou Macdonald et Cartier en 1867 ? Personne ne criera au
miracle. Mais les pragmatiques de la « realpolitik » à la Bismarck
vous feront remarquer que « cela a tenu » !