28 septembre
Les situations de crise favorisent l’éclosion des pseudos-experts comme les pissenlits au printemps. Il est assez facile, pour la personne qui ne pratique pas l’écoute sélective, de débusquer les experts auto-proclamés dont «l’expertise » provient de leur imagination ou de la fréquentation de réseaux sociaux animés par leurs semblables.
Il est plus difficile d’évaluer la portée de ce qu’on pourrait appeler « l’expertise éclatée ». Ce sont des personnes qui possèdent une expertise dans un domaine et se permettent d’utiliser leur réputation pour véhiculer des opinions dans d’autres domaines au sujet desquels elles n’ont aucune expertise.
Un bel exemple tout récent : ce professeur d’une université québécoise qui excelle dans son domaine d’expertise, lequel n’a rien à voir avec l’épidémiologie ou la santé publique. Or il se permet d’occuper les médias avec des opinions contredisant les politiques actuelles du gouvernement dans la lutte à la pandémie, comme la modulation des mesures sanitaires ou les campagnes de mise en garde destinés aux jeunes.
Il a le droit, comme citoyen, de s’exprimer. Mais en utilisant et laissant les médias utiliser son titre de professeur d’une université reconnue, il crée une confusion dangereuse dans l’esprit des citoyens qui ont besoin de croire en une certaine cohérence dans les opinions des experts en épidémiologie et santé public.
Le titre de professeur d’université implique une responsabilité de réserve sur la place publique. Et cette réserve impose de ne pas en habiller des opinions personnelles ne provenant pas de l’expertise reconnue par cette université.