5 septembre
Il fut une époque où les jugements devaient suivre de longs plaidoyers extérieurs en cours de justice ou intérieurs dans le cerveau d’un décideur.
Aujourd’hui, il semble qu’on n’a plus qu’à choisir l’une des deux voies d’une carte routière exclusivement binaire.
Etudiants, nous aimions provoquer nos maîtres religieux en leur demandant comment leur (notre ?) dieu pouvait permettre que leurs créatures puissent choisir le mal. De longues explications théo-sémantiques essayaient de nous démontrer qu’il n’y avait pas de mal, mais du bien « mal placé ». Un peu comme le disait un ancien agronome de la radio : « Il n’y a pas de mauvaises herbes. Il n’y a que des herbes qui poussent à la mauvaise place. »
Il est un peu inquiétant de constater qu’il n’y a plus, dans les discours publics et privés, que des personnages qui sont totalement « bons » (et donc qu’il faut croire en tout) et d’autres qui sont totalement « méchants » (et donc qu’il faut rejeter de leur vivant… ou de leur statue !).
Connaissez-vous des humains qui ont été « totalement bons » … qui n’ont jamais commis la moindre faute à la lumière des principes de leur époque … ou de ceux de notre époque que nous appliquons à la leur? Êtes-vous sûrs de … vraiment… tout savoir ?
Dans les jugements « derniers » des tribunaux instantanés, il n’y a que des Paradis et des Enfers… jamais de Purgatoires !