LES P’TITS COUSINS ont entendu leur président « célébrer » l’anniversaire de la mort de Napoléon. Bien sûr, on y a mis toutes les nuances et les réserves qu’impose sa décision de réintroduire l’esclavage des Noirs dans les colonies des Caraïbes.
Mais a-t-on aussi offert les regrets de la Nation aux descendants des centaines de milliers de morts (dans les sables d’Égypte comme dans les steppes de Russie) sacrifiés pour la gloire d’un homme ? Va-t-on signaler qu’au nom de la libération des peuples, il a imposé les membres de sa famille et ses généraux comme rois des pays conquis (Espagne, Suède, Italie…).
La naissance d’une certaine idée de la France et de sa gouvernance ? Richelieu, puis Mazarin et Colbert l’avaient déjà fait. Et lui, il n’a fait que la récupérer après les déchirements catastrophiques de la Révolution Française dont il est, malgré tout, l’héritier. Était-il nécessaire de laisser derrière soi une trainée de poudre, de morts, de viols et de destructions pour donner à la France le spectacle d’une éphémère copie de l’Impérium des Césars ?
Malgré ses erreurs, son neveu Napoléon III, moins célébré (parce que moins « bling bling »?), a laissé à son peuple un héritage moins sanglant et plus résistant que celui de son oncle.
Mais le côté « tragique » des dictateurs, qui ont bâti leur pouvoir et leur gloire sur des montagnes de cadavres, continueront toujours à fasciner les siècles : Alexandre (les carnages en Perse), César (les massacres en Gaule), Genghis Khan, Hitler… Certes la France a un droit à ses héros (il y en a tellement d’autres dans son Histoire) et un devoir de mémoire et de reconnaissance. Mais il faut les choisir à bon escient…